L’Amérique du Nord
Environ 3500 actions ont eu lieu à travers les États-Unis dans le cadre d’un vaste mouvement appelé « May Day Strong », un mouvement de grève économique appelant à « ni école, ni travail, ni achats » pour marquer le 1er mai. Il s’inscrit dans la suite des manifestations « No Kings » contre Trump et des boycotts économiques après les opérations la police de l’immigration ICE à Minneapolis, dans le Minnesota, ainsi que le décès, en janvier, de Renee Good et Alex Pretti. Les groupes y prenant part sont variés, allant de syndicats à groupes politiques et écologistes.
May Day Strong a des revendications larges comme « taxer les riches » et abolir la police de l’immigration, dans un contexte où les républicains ont voté mercredi dernier une mesure budgétaire visant à financer l’ICE. Le mouvement appelle également à mettre fin à la guerre en Iran.
À Manhattan, New York, des partisans du Sunrise Movement, mené par des jeunes, se sont donné le bras devant la Bourse, bloquant toutes les entrées du bâtiment. Ils annonçaient en prévision du 1er Mai que 100 00 jeunes feraient grève de leurs cours pour marquer cette date.
Des lycéens de Rochester, dans l’État de New York, ont quitté leurs cours et ont défilé dans les rues en scandant : « Pas de justice, pas de paix. Débarrassez nos rues de l’ICE ».
À Minneapolis, certains groupes de travailleurs ont fait grève toute la journée. Les agents d’entretien et le personnel d’accueil de l’hôtel Ivy ont quitté leur poste et formé des piquets de grève pour réclamer une augmentation de salaire de 3 dollars de l’heure. À noter que les États-Unis ne reconnaissent pas le 1er mai comme jour férié officiel et célèbrent plutôt la « fête du travail », qui a lieu en septembre.
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Sur le continent africain, le 1er mai a également été suivi massivement, mais dans un contexte tendu. Historiquement, le 1er mai dans beaucoup de pays africains est organisé et encadré directement par l’État. Il mobilise principalement des travailleurs du secteur public et de l’administration, et sert traditionnellement à faire la promotion du chef de l’État.
Cette année, cette tradition est battue en brèche dans de nombreux pays. En République Démocratique du Congo, l’Intersyndicale Nationale du Congo a plaidé pour le boycott du défilé du 1er mai, en réponse à un refus de faire du 1er mai une cérémonie de célébration du gouvernement. Ainsi, aucune grande manifestation n’a pris place dans le pays, dans un contexte de durcissement des conditions de vie des travailleurs congolais, principalement sur la question de l’instauration d’un salaire minimal interprofessionnel, promesse jamais tenue, et de l’absence de discussion féconde entre l’État et les organisations de travailleurs. Ce boycott est une première en RDC, habituée chaque année au cérémoniel gouvernemental.
Au Sénégal, des milliers de manifestants se sont réunis dans les rues de Dakar pour exiger des réponses du gouvernement quant aux promesses formulées en 2025 dans le « pacte national de stabilité ». La rue reste mobilisée dans un contexte particulièrement tendu, après la défaite sanglante du despote Macky Sall, qui avait coûté la vie à 65 personnes, et les mouvements sociaux successifs suivant l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, principalement étudiants depuis la fin 2025. Les syndicats et organisations de travailleurs dénoncent l’inertie du gouvernement sur les réformes post-Macky Sall promises, incluant des revendications économiques, mais aussi la justice et des réparations pour les victimes de la répression politique du président précédent. Même phénomène en Tunisie, où le caractère contestataire de la journée internationale des prolétaires en lutte a été respecté par des milliers de manifestants, principalement sous la direction de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens.
Plusieurs gouvernements africaines ont préféré tout bonnement interdire le 1er mai. Au Mali, le gouvernement, non content d’avoir préalablement interdit les partis politiques l’année dernière, a interdit la mobilisation du 1er mai pour des raisons sécuritaires, à la suite de l’attaque conjointe du JNIM et du FLA le 25 avril sur plusieurs grandes agglomérations maliennes. La situation est la même au Burkina Faso, où le gouvernement a interdit la marche syndicale de remise des doléances au Ministre en charge de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale et a fortement contraint la marche de manœuvre de mobilisation des syndicats.
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