Le 19 août, la Cour d’appel de Paris s’est prononcée en faveur de la remise de Gino à l’Allemagne. Gino est un militant antifasciste poursuivi dans le cadre de l’affaire de Budapest, liée aux mobilisations antifascistes de février 2023 contre le rassemblement néonazi du ‘Jour de l’Honneur’. Cette décision s’inscrit dans un contexte européen où la répression et la criminalisation des mouvements antifascistes s’intensifient. Pour nous, la solidarité avec celles et ceux qui combattent l’extrême droite ne peut s’arrêter aux frontières.

Le risque lié à une extradition vers l’Allemagne ne peut pas non plus être considéré indépendamment de la situation en Hongrie. Le précédent de Maja, transférée par l’Allemagne vers la Hongrie avant que la justice constitutionnelle allemande ne reconnaisse ensuite une violation de ses droits fondamentaux dans la procédure d’extradition, montre que ces inquiétudes sont concrètes.

Au-delà du cas de Gino, c’est donc une question politique plus large qui se pose : allons-nous accepter que la coopération policière et judiciaire européenne serve à isoler, poursuivre et intimider celles et ceux qui s’organisent contre l’extrême droite ?