Cela
fait déjà longtemps que nous savons que le gouvernement PS est
totalement inféodé aux intérêts de la bourgeoisie, depuis son arrivé au
pouvoir l’offensive réactionnaire de la bourgeoisie n’a fait que
s’intensifier. Après l’ANI (Accord National Interprofessionnel), le
pacte de « responsabilité » et la loi Macron, l’annonce du projet de loi
El Khomri sonne comme une nouvelle attaque d’une ampleur encore plus
grande contre les droits des travailleurs et travailleuses. Ce n’est
d’ailleurs pas pour rien si le patronat a directement réagi
favorablement à l’annonce par la ministre de son projet de réforme du
code du travail.
En quelques lignes, le projet de loi El Khomri c’est par exemple :
- Le plafonnement des indemnités versées aux salariés qui saisissent les prud’hommes en cas de licenciement abusif. Cela permet au patronat de planifier le coût d’un licenciement et donc d’y faire face sans aucun problème, cela est bien sûr plafonné bien en dessous des montants d’indemnités de licenciement moyens aujourd’hui.
- L’extension des forfaits jours dans les TPE/PME. Les ouvriers et ouvrières ne sont plus payés en fonction des heures effectuées mais au nombre de jours travaillés. Dans les faits, cette mesure est la destruction de la durée légale de travail et la soumission totale de l’organisation du temps de travail de l’ouvrier aux intérêts directs du patronat.
- Le référendum d’entreprise qui permet de court-circuiter et d’affaiblir les syndicats représentatifs et de donner plus de pouvoir aux syndicats jaunes. Les rapports sociaux au sein de l’entreprise ne seront plus le fruit d’un rapport de forces mais bien de plébiscites organisés par les patrons à grands coups de pression et de répression.
- La facilitation des licenciements économiques, qui permettront aux grands groupes multinationaux d’organiser la baisse de l’activité économique d’une filiale française par la réduction du carnet de commande sur un trimestre afin de licencier à bas coût.
- Le remaniement de la rémunération des heures supplémentaires qui seront fixées par accord d’entreprise, ce qui pourra permettre de réduire la majoration de ces heures à 10% alors qu’elles sont encore majorées à 25% aujourd’hui.
- Des accords de maintien de l’emploi permettant aux patrons d’imposer aux travailleurs et travailleuses des aménagements de temps de travail ou autres régressions sociales que nous serons obligés de subir sous peine d’être licenciés.
- Des contrats de professionnalisation non contraignants permettant au patronat d’embaucher avec des réductions de charges sociales sans pour autant s’engager à fournir une formation digne de ce nom aux travailleurs et travailleuses.
- Les 35 heures qui étaient déjà attaquées de toute part sont définitivement enterrées. En effet la semaine de travail pourra atteindre 60 heures par simple accord d’entreprise sans autorisation de l’inspection du travail. Le temps de travail pourra être « modulé » sur 3 ans avec accord d’entreprise et sur 16 semaines sans accord, par simple décision unilatérale de l’employeur dans les entreprises de moins de 50 salariés. C’est un siècle de lutte sociale remis en question par cette offensive patronale !
En bref, cette nouvelle
régression sociale est une attaque d’ampleur contre les intérêts de la
classe ouvrière et de tous le prolétariat : le gouvernement du PS a
déclaré une véritable guerre contre les travailleuses et travailleurs.
C’est une réforme patronale réclamée de longue date par le MEDEF qui
permettra au patronat de précariser et de pressuriser encore plus les
prolétaires, nous réduisant encore un peu plus au statut d’esclave
moderne, de machine à enrichir la bourgeoisie dont on se sépare quand on
la juge improductive. Gattaz, le président du MEDEF, s’en félicite
déjà ! La droite et l’extrême-droite aussi, on a pu voir Ménard annoncer
qu’il y trouve satisfaction.
Dores et déjà le PS
annonce la couleur en affichant sa volonté de faire adopter cette
réforme anti-populaire et anti-ouvrière par tous les moyens, y compris
en utilisant le fameux article 49-3 qui permet de passer outre le
parlement, qui de toute façon n’est qu’une institution fantoche ayant
pour but de préserver des illusions démocratiques. Bien sûr, une fois
encore, c’est la droite et le patronat qui applaudissent des deux mains,
saluant le courage de leurs serviteurs larbins.
L’ensemble des
syndicats, CGT en tête, ont annoncé leur opposition à ce projet de loi,
évoquant même la possibilité de descendre dans les rues. Nous devons
être vigilants pour ne pas nous faire entraîner par les directions
réformistes dans des batailles volontairement perdues d’avance comme
lors du mouvement de la réforme des retraites. Lutter contre la loi El
Khomri est en effet une nécessité vitale pour l’ensemble des
travailleurs et travailleuses car sa mise en application serait une
catastrophe. Mais si nous voulons vaincre, il faut dès à présent mettre
en œuvre une stratégie permettant de dépasser les directions réformistes
des centrales syndicales, c’est à dire propager l’idée de l’union à la
base de l’ensemble des travailleurs et travailleuses syndiqués et non
syndiqués, en signifiant très clairement qu’il n’y aura pas de
négociation sur ce projet de loi du patronat et que nous mettrons en
place des modes d’action permettant de faire plier le patronat et le
gouvernement à sa solde. Si nous voulons vaincre, c’est toutes et tous
ensemble que nous devons frapper là où ça fait mal, c’est à dire
directement au porte-feuille en préparant un grand mouvement de grève
générale, d’occupation et de réappropriation de nos lieux
d’exploitation, de blocage de l’ensemble de l’économie.
Nous ne voulons pas
reproduire l’expérience du mouvement des retraites de 2010, où les
directions syndicales n’ont pas fait le travail nécessaire pour
construire un mouvement combatif. Cela n’a fait que dégoûter toutes
celles et ceux qui se sont lancés dans la bataille et ont eu le
sentiment de s’être fait lâcher.
Si nous ne voulons plus
aller de recul en recul, resserrons les rangs derrière notre drapeau,
celui de la classe ouvrière, et préparons nous à relever la tête et à
reprendre nos affaires en main.
A BAS LA LOI EL KHOMRI ! A BAS TOUTES LES REFORMES ANTI-OUVRIERES ET ANTI-POPULAIRES !
VIVE L’UNITE A LA BASE ET DANS LA LUTTE !
OSONS LUTTER, OSONS VAINCRE !
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