Friday, January 16, 2026

France - Alex : Déclaration Procès - infosolidaire

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Je souhaite faire une déclaration, car mon discours lors de la manifestation relève du domaine de la liberté d’expression, et je suis bien entendue prêt à en débattre mais pas dans un cadre pénal. Je ne demande pas à tous et toutes d’être d’accords avec moi, mais ce cadre présent, sous la contrainte ne permet pas d’élever ce débat, et de le poser de manière saine et apaisé, débat rappelons le qui est d’intérêt général.
Dans le cadre d’une intervention publique lors d’une manifestation en soutien au résistant Georges Abdallah et au peuple palestinien, j’ai effectué une prise de parole soutenant le peuple palestinien et sa résistance nationale engagé depuis des dizaines d’années dans une lutte de libération nationale contre la colonisation, dans une lutte contre le génocide et la disparition programmée. De ce fait, il à été fait mention du 07 octobre, qui objectivement représente principalement une contre offensive militaire mené par un peuple colonisé contre son oppresseur, ce qui est tout à fait légitime. Mais cela n’est pas en réalité le fond de l’affaire, sur laquelle nous allons maintenant intervenir.
La justice, jugera aujourd’hui un besoin de justice, un besoin universel qui ne peut être qu’une nécessité d’un État qui se proclame République. Une nécessité vitale pour toute personne saine d’esprit. Nous sommes depuis le 07 octobre, des milliers à faire face à une répression politique d'état, pour notre amour et notre soif de justice.
Comment aurions nous pu rester silencieux quand nos médias, l’État, notre République appuie un massacre génocidaire qui ne peut que rappeler les pires heures de l’Europe. Quelle sera la suite si personne ne s’élève contre un génocide et tout autant contre les apologistes de sa normalisation. Comment nous taire quand nous voyons nos moindres libertés rognées par un pouvoir qui écrase tout ce qui constitue les principes de notre vie politique et sociale.
Tout à l’apparence d’une répression politique, nous comptons donc nous défendre politiquement. En témoigne le fait que la grande majorité si ce n’est l’ensemble des procès pour apologies du terrorismes sont relatif à des militants pro-palestiniens et jamais pro-israélien. Cela prouve donc le caractère politique et discriminatoire de cette répression ciblée.
Plus largement nous nous inquiétons de ce qui était l’exception en France, il y a peu, et qui devient la norme en ces temps où la division des pouvoirs s’estompent pour laisser place à l’arbitraire d’un exécutif qui pense qu’être citoyen est un rôle de figurant. Ce sont les "terroristes" qui ont défendu la naissance de notre République face à ses ennemis, ce sont les "terroristes" qui ont lutté contre le fascisme et défendu l’indépendance de la France quand tout avait failli. Ce qu’on traitaient de terroristes hier sont aujourd’hui reconnus par tous comme des héros, tel Manouchian entré au Panthéon il y a peu. Ce sont peut-être, et c’est une question que nous devons tous nous poser, ceux qui sont accusés de faire son apologie aujourd’hui qui défendent le plus nos droits démocratiques fondamentaux.
La grande alliance réactionnaire, entre les sionistes qui jouent la carte de l'holocauste, quand dans le même temps c'est l’état israélien qui effectue un génocide et une colonisation, et d’un gouvernement antisémite qui à honoré Pétain le déporteur de juifs, réhabilité Maurras, accueilli à l’Élysée le terroriste président syrien, est quelque chose de burlesque à voir. Il y a décidément quelque chose qui ne va pas, et cette réécriture de l'Histoire ne passera pas. Ce sont les communistes qui ont abattu le nazisme et libéré les camps d'extermination, tandis que la bourgeoisie européenne collaborait massivement, comme elle collabore activement dans le génocide en cours en Palestine.
L’État ne peut interdire la liberté d'expression et la liberté de se rassembler sans révéler à toute la société son caractère profondément anti-démocratique et anti-peuple, il tente donc de jouer sur un pseudo soutien au terrorisme ou à l’antisémitisme. Pour citer un des créateurs de la loi antiterroriste crée pour lutter contre le recrutement en ligne des filières djihadistes, le magistrat Trévidic : “On est dans un véritable abus, un usage totalement dévoyé de la loi” disait-il en octobre 2024.
Nous dénonçons ainsi la criminalisation de toute expression libre et émancipée et apportons notre solidarité à tous les réprimés dont le seul crime est d’avoir soutenu le peuple palestinien en résistance face à la colonisation et au génocide. Notre crime est celui de centaines de millions de personnes, qui aiment la justice et haïssent l’injustice.
N’est ce pas par amour de la liberté que nous avons manifesté en masse contre la colonisation de la Palestine. N’est ce pas par amour de l’égalité, que malgré la répression nous avons toujours continué à soutenir le peuple palestinien. Et n’est ce pas par fraternité que dans le monde entier au-delà de nos différences nous avons manifesté par amour et humanité pour nos frères et sœur palestiniens.
Quel est donc notre crime ? S’élever fermement contre l’oppression, croire encore aux idéaux de justice à l’heure où le génocide des Palestiniens est, trop souvent, célébré sur nos plateaux de télévision, et chez certains politiques.
Notre crime, c’est de ne plus pouvoir entendre l’insupportable mensonge où le criminel devient le libérateur, où le palestinien, déshumanisé, devient le terroriste.
Notre crime ? Ne plus supporter la vision d’enfants massacrés, de familles décimées, d’une terre colonisée.
Notre crime ? Être attaché à la souveraineté des peuples, au droit à la Résistance face à l’oppression, au droit de se défendre quand on est écrasé, ni plus ni moins que le droit prôné par l’ONU.
Notre crime ? C‘est de penser qu’avoir des opinions politiques conformes aux idéaux de la Révolution de 1789, des Lumières, n’est pas un crime.
Nous sommes inquiets de la banalisation de l’arbitraire, de pratiques de plus en plus violentes des forces de police, de la négation des droits démocratiques essentiels : le droit de penser, de s’exprimer, de manifester, de se rassembler et de s’organiser. Nous sommes inquiets de la banalisation de l’état d’exception. Nous voyons un long processus qui tend à s accélérer de pertes de nos droits fondamentaux, d autonomisation des forces de l’ordre, d universalisation de la répression pour toutes actions qui ne rentreraient pas dans le cadre étouffant de la pensée unique.
Nous voyons que les Palestiniens, dans leur lutte acharnée pour défendre leur liberté, défendent la liberté de tous les peuples du monde. Notre crime, alors, est de défendre des principes universels et de refuser le glissement lent et insidieux vers le fascisme. Notre crime, est de nous opposer fermement à cet état de fait, de défendre corps et âme les droits démocratiques inaliénables du peuple.
De Valmy, à la Commune, à l’insurrection de 1944, aux marches pour la Palestine. Notre crime sera toujours le même : celui de réfléchir et d’agir en Femmes et Hommes libres.
Alors que l’état et la bourgeoisie violent les droits du peuple, nous rappelons que nous sommes la nation de la Révolution et de la Résistance, et que nulle répression ne nous fera céder.
Nous nous tenons ici, les mains et la conscience propres devant l Histoire et assurément les peuple du monde et l'Histoire rejetteront tout autre jugement qu une relaxe de votre tribunal.
Nous ne nous tairons plus, et réaffirmons notre soutien sans faille au peuple palestinien et à sa résistance face à la colonisation, aux massacres et au génocide, qui lutte toujours héroïquement et dénonçons les centaines de milliers de morts à Gaza, les milliers de morts dans le reste de la Palestine, ainsi qu’en Syrie, en Iran et au Liban.
Soutenir la Palestine n’est pas un crime. La Palestine vivra et la Palestine vaincra !

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