N° 985 09/07/2026
Marine Le Pen reste condamnée pour corruption dans l’affaire de
détournement de plus de 4 millions d’euros d’argent public. La Cour
d’Appel l’a condamnée à trois ans de prison, dont un an sous bracelet
électronique, à quinze mois d’inéligibilité avec exécution provisoire,
ainsi qu’à une amende de 100 000 euros… Mais les juges ont reculé sur le
fait de rendre Marine Le Pen inéligible, réduisant sa peine et la
calibrant afin d’être candidate à l’élection présidentielle. Les juges
invoquant : « la liberté des candidatures » et « le libre choix des électeurs ».
Sans surprise, la justice de classe se range du côté des puissants
ouvrant la voie à une quatrième candidature à la présidentielle de
Marine Le Pen, se pourvoyant en cassation suite à cette décision.
L’appareil d’État aux mains du capital a tranché afin d’avoir Le Pen
comme un recours possible face à la crise politique du pays.
Le Pen a parlé d’un « ticket gagnant » :
elle à l’Élysée, Bardella à Matignon. Un duo choisi par le patronat se
préparant à gouverner avec la feuille de route de celui-ci. Ce choix met
surtout en lumière le fait qu’on peut être condamné pour avoir détourné
des millions d’euros de fonds publics et aspirer à être élu à la tête
de l’État ! Pour l’empêcher d’accéder au pouvoir, il ne suffira pas
d’évoquer sans cesse la condamnation de sa dirigeante on le voit en
Israël avec un Netanyahou corrompu et génocidaire. Le meilleur moyen de
vaincre le RN est de mener la lutte de classe massive et radicale contre
le système capitaliste dont la profonde crise et ses conséquences sont
un des facteurs majeurs conduisant au vote RN. Après le déjeuner de
Marine Le Pen avec des patrons du CAC 40 et celui de Bardella avec les
dirigeants du Medef en avril, le RN s'est mis totalement au service des
grands patrons. Le patronat a ainsi adoubé le RN comme devenant un
interlocuteur de premier plan pour défendre les intérêts patronaux,
comme le disait un membre du Medef : « Rencontrer le RN n’est plus tabou ». Dans une lettre adressée au Medef, le RN écrivait vouloir « entendre les propositions des patrons pour redresser la France ».
Les députés RN lors du vote du budget 2026 avaient voté contre la
moindre mesure sociale et la moindre taxe sur les entreprises et les
riches. Le RN est une alternative crédible aux yeux des grands patrons
multipliant les signes de servilité. Le patronat cherche à s’assurer que
la société continue à tourner pour ses intérêts. Le programme du RN ne
touchera en rien au mode de production capitaliste et celui-ci
continuera sur sa lancée à chercher un rétablissement des taux de profit
et une plus grande valorisation du capital en exploitant encore plus la
classe ouvrière et en accélérant la casse du service public.
Le
RN est un parti raciste, anti-immigré et anti ouvrier, aligné sur les
intérêts du grand capital auquel il promet de mettre en place "un grand projet d'ordonnance de simplification" aggravant
les conditions des travailleurs, de la jeunesse et des classes
populaires. Bardella le confirme : le RN au pouvoir serait « un allié » des patrons, lui qui croit « à la liberté d'entreprendre ».
Le RN tente de gagner l'électorat populaire en se faisant passer pour
un parti antisystème mais il est comme les autres un serviteur du
capital et va chercher sa feuille de route chez les patrons. Loin donc
de défendre la "France d’en bas" : le RN est dans le camp
patronal prévoyant un budget d’austérité aggravé, cherchant la réduction
du déficit budgétaire, s’attaquant à la retraite, en faisant de grosses
coupes dans les dépenses, sans toucher au 270 milliards d’aide aux
entreprises, ni à l’effort de 413 milliards d'euros à la loi
programmatique en faveur des armées, tout en continuant les baisses
massives de fiscalité sur les impôts de production, le tout accompagné
d’un refus d’accroître la taxation des plus riches : tout ce que réclame
le Medef.
Le
RN est le fer au feu du capital afin d’absorber le mécontentement de
manière à faire avaler une politique anti-sociale sévère.
Les
travailleurs continuent d’être confrontés aux salaires insuffisants
pour terminer le mois, au chômage, aux emplois précaires, aux
licenciements, aux politiques d’austérité, à la destruction des services
publics, les fermetures d’entreprises, à la marche vers la guerre…
Restons
sur le seul terrain faisant obstacle aux visées des forces sociales,
économiques et politiques dirigeantes, celui de la lutte de classe,
celui de mener le combat pour le renversement révolutionnaire du
capitalisme ouvrant la voie vers une société socialiste.
L'urgence
aujourd'hui, c'est la reconstruction d'un courant révolutionnaire fort
et actif au plan syndical et politique, posant clairement dans la lutte
de classe la question du changement de société passant par la
destruction du capitalisme, mettant fin à l'exploitation de l'Homme par
l'Homme et ouvrant la voie à la construction d'une société socialiste de
coopération des producteurs de richesses : les travailleurs et de
solidarité avec les peuples du monde.--- par communistes
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