Thursday, July 9, 2026

Le Pen et le RN au service du patronat. -- un contribution pour le debat

 

N° 985 09/07/2026  Marine Le Pen reste condamnée pour corruption dans l’affaire de détournement de plus de 4 millions d’euros d’argent public. La Cour d’Appel l’a condamnée à trois ans de prison, dont un an sous bracelet électronique, à quinze mois d’inéligibilité avec exécution provisoire, ainsi qu’à une amende de 100 000 euros… Mais les juges ont reculé sur le fait de rendre Marine Le Pen inéligible, réduisant sa peine et la calibrant afin d’être candidate à l’élection présidentielle. Les juges invoquant : « la liberté des candidatures » et « le libre choix des électeurs ». Sans surprise, la justice de classe se range du côté des puissants ouvrant la voie à une quatrième candidature à la présidentielle de Marine Le Pen, se pourvoyant en cassation suite à cette décision. L’appareil d’État aux mains du capital a tranché afin d’avoir Le Pen comme un recours possible face à la crise politique du pays.
Le Pen a parlé d’un « ticket gagnant » : elle à l’Élysée, Bardella à Matignon. Un duo choisi par le patronat se préparant à gouverner avec la feuille de route de celui-ci. Ce choix met surtout en lumière le fait qu’on peut être condamné pour avoir détourné des millions d’euros de fonds publics et aspirer à être élu à la tête de l’État ! Pour l’empêcher d’accéder au pouvoir, il ne suffira pas d’évoquer sans cesse la condamnation de sa dirigeante on le voit en Israël avec un Netanyahou corrompu et génocidaire. Le meilleur moyen de vaincre le RN est de mener la lutte de classe massive et radicale contre le système capitaliste dont la profonde crise et ses conséquences sont un des facteurs majeurs conduisant au vote RN. Après le déjeuner de Marine Le Pen avec des patrons du CAC 40 et celui de Bardella avec les dirigeants du Medef en avril, le RN s'est mis totalement au service des grands patrons. Le patronat a ainsi adoubé le RN comme devenant un interlocuteur de premier plan pour défendre les intérêts patronaux, comme le disait un membre du Medef : « Rencontrer le RN n’est plus tabou ». Dans une lettre adressée au Medef, le RN écrivait vouloir « entendre les propositions des patrons pour redresser la France ». Les députés RN lors du vote du budget 2026 avaient voté contre la moindre mesure sociale et la moindre taxe sur les entreprises et les riches. Le RN est une alternative crédible aux yeux des grands patrons multipliant les signes de servilité. Le patronat cherche à s’assurer que la société continue à tourner pour ses intérêts. Le programme du RN ne touchera en rien au mode de production capitaliste et celui-ci continuera sur sa lancée à chercher un rétablissement des taux de profit et une plus grande valorisation du capital en exploitant encore plus la classe ouvrière et en accélérant la casse du service public.
Le RN est un parti raciste, anti-immigré et anti ouvrier, aligné sur les intérêts du grand capital auquel il promet de mettre en place "un grand projet d'ordonnance de simplification" aggravant les conditions des travailleurs, de la jeunesse et des classes populaires. Bardella le confirme : le RN au pouvoir serait « un allié » des patrons, lui qui croit « à la liberté d'entreprendre ». Le RN tente de gagner l'électorat populaire en se faisant passer pour un parti antisystème mais il est comme les autres un serviteur du capital et va chercher sa feuille de route chez les patrons. Loin donc de défendre la "France d’en bas" : le RN est dans le camp patronal prévoyant un budget d’austérité aggravé, cherchant la réduction du déficit budgétaire, s’attaquant à la retraite, en faisant de grosses coupes dans les dépenses, sans toucher au 270 milliards d’aide aux entreprises, ni à l’effort de 413 milliards d'euros à la loi programmatique en faveur des armées, tout en continuant les baisses massives de fiscalité sur les impôts de production, le tout accompagné d’un refus d’accroître la taxation des plus riches : tout ce que réclame le Medef.
Le RN est le fer au feu du capital afin d’absorber le mécontentement de manière à faire avaler une politique anti-sociale sévère.
 
Les travailleurs continuent d’être confrontés aux salaires insuffisants pour terminer le mois, au chômage, aux emplois précaires, aux licenciements, aux politiques d’austérité, à la destruction des services publics, les fermetures d’entreprises, à la marche vers la guerre…
Restons sur le seul terrain faisant obstacle aux visées des forces sociales, économiques et politiques dirigeantes, celui de la lutte de classe, celui de mener le combat pour le renversement révolutionnaire du capitalisme ouvrant la voie vers une société socialiste.
L'urgence aujourd'hui, c'est la reconstruction d'un courant révolutionnaire fort et actif au plan syndical et politique, posant clairement dans la lutte de classe la question du changement de société passant par la destruction du capitalisme, mettant fin à l'exploitation de l'Homme par l'Homme et ouvrant la voie à la construction d'une société socialiste de coopération des producteurs de richesses : les travailleurs et de solidarité avec les peuples du monde.---   par communistes

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