Avec
le résultat des récentes élections générales au Québec, la classe
capitaliste vient de se doter d’un nouveau conseil d’administration qui
lui sera fort utile pour les prochaines années. Le 1er
octobre dernier, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a été portée au
pouvoir. Elle forme désormais un gouvernement majoritaire avec 74 sièges
sur les 125 du parlement. La CAQ vient ainsi remplacer le Parti libéral
du Québec (PLQ) qui, après avoir contrôlé le gouvernement pendant la
quasi-totalité des 15 dernières années, a complètement usé son capital
politique et sa légitimité.
La
CAQ, qui a été formée en 2011, est une espèce de version renouvelée,
dans des conditions complètement différentes, de l’ancienne Union
nationale de Daniel Johnson. Projet politique sorti du musée des
horreurs, c’est par un énorme travail propagandiste pour attester de sa
crédibilité qu’il a gagné la reconnaissance que n’a jamais réussi à
gagner son ancêtre récent, l’Action démocratique du Québec (ADQ). En
effet, l’élection de la CAQ a fait suite au déploiement d’un véritable
effort pour que François Legault paraisse, aux yeux du grand capital,
comme un politicien sérieux, notamment parce qu’il s’est entouré d’un
groupe d’anciens hommes d’affaires et d’anciens vice-présidents de
banque. C’est le trio économique composé d’Éric Girard, de Christian
Dubé et de Pierre Fitzgibbon – tous des anciens haut placés de la Banque
Nationale – qui assumera les responsabilités respectives de ministre
des Finances, de président du Conseil du trésor et de ministre de
l’Économie. François Legault s’est d’ailleurs amplement vanté d’être le
chef du parti de l’économie : un groupe de businessmen dans la lignée des Lucides
de Lucien Bouchard. Prêt à n’importe quoi pour gagner ses élections,
c’est en répandant des mensonges impérialistes et en lançant des
attaques contre le prolétariat immigrant qu’il s’est présenté comme
l’homme de la situation, allant ainsi dans le même sens que le mouvement
vers la droite de l’offre électorale.
De fait, ce parti a déjà entamé le premier mandat que lui a confié
la bourgeoisie : faire du ménage à l’Assemblée nationale pour relancer
un prochain cycle de légitimité du système parlementaire
bourgeois. D’ailleurs, la panoplie de commentateurs politiques de la société bourgeoise se sont empressés, en constatant la victoire écrasante de la CAQ, de clamer qu’une page de l’histoire du Québec était enfin tournée. Cette page tournée, dont nous parlent les journalistes bourgeois, est essentiellement celle de la sérieuse débandade des anciens partis politiques bourgeois classiques (PQ et PLQ). En effet, les résultats du scrutin plus favorables pour Québec solidaire (QS) et pour la CAQ que par le passé, ont permis de renouveler le personnel usé de l’État bourgeois. La victoire de la CAQ, si elle témoigne de la reconfiguration des partis politiques bourgeois, est avant tout la victoire du parlementarisme bourgeois. Elle ouvre une période de relative stabilité politique qui durera jusqu’à ce qu’à peu près le même phénomène d’usure qui s’est produit avec le PLQ se produise à nouveau, mais cette fois, avec la CAQ.
bourgeois. D’ailleurs, la panoplie de commentateurs politiques de la société bourgeoise se sont empressés, en constatant la victoire écrasante de la CAQ, de clamer qu’une page de l’histoire du Québec était enfin tournée. Cette page tournée, dont nous parlent les journalistes bourgeois, est essentiellement celle de la sérieuse débandade des anciens partis politiques bourgeois classiques (PQ et PLQ). En effet, les résultats du scrutin plus favorables pour Québec solidaire (QS) et pour la CAQ que par le passé, ont permis de renouveler le personnel usé de l’État bourgeois. La victoire de la CAQ, si elle témoigne de la reconfiguration des partis politiques bourgeois, est avant tout la victoire du parlementarisme bourgeois. Elle ouvre une période de relative stabilité politique qui durera jusqu’à ce qu’à peu près le même phénomène d’usure qui s’est produit avec le PLQ se produise à nouveau, mais cette fois, avec la CAQ.
En effet, le monstre libéral a été dépassé par une formation sensiblement nouvelle qui représentait, il n’y a encore que deux ans, une sorte de blague
vivante, un melting pot d’illuminés et de restants de l’ADQ, avec à
leur tête un ancien ministre péquiste sans grand charisme. La victoire
de la CAQ est en grande partie due à l’incapacité des libéraux à se présenter dans l’opinion publique de la société bourgeoise sous un meilleur jour. Le PLQ n’a pas réussi à faire oublier qu’il n’est autre chose que l’instrument du capital. Son dernier chef, Philippe Couillard, n’a pas su défendre habilement son propre mandat. Il s’est naïvement félicité d’avoir atteint l’équilibre budgétaire grâce à des coupures draconiennes dans les dépenses de l’État durant les quatre dernières années. La transparence de Phillippe Couillard a déplu à la bourgeoisie. Alors que celle-ci, insatisfaite, était sur le point de lui tourner le dos, Couillard, dans ses derniers retranchements, a même affirmé avec étonnement : « mais voyons, j’ai fait ce que les banques et les agences de crédit m’ont demandé. » D’ailleurs, depuis le départ de Jean Charest, le PLQ a de la difficulté à recruter dans ses rangs de nouveaux carriéristes bourgeois, habiles et ambitieux, et devient, de plus en plus, même aux yeux des capitalistes, une organisation d’incompétents et d’hommes de main de seconde classe. Il ne fait aucun doute que c’est pour éviter d’être éclaboussés par l’échec annoncé de leur parti qu’un grand nombre de députés libéraux ont pris leur retraite dans les mois qui ont précédé la campagne électorale. Cela a d’ailleurs laissé présager avec quasi-certitude la défaite récente du PLQ. Quand le bateau coule, les rats sont les premiers à prendre la fuite.
Pour sa part, Québec solidaire a amplement joué son rôle de réformiste visant à légitimer le parlementarisme. L’appel à l’urgence d’un vote pour contrer le danger de porter la CAQ au pouvoir a contribué à présenter les élections bourgeoises comme un processus légitime où toutes sortes de points de vue sont représentés, et donc comme l’endroit où s’organise fondamentalement la transformation de la société. QS, pour la suite, va inévitablement entreprendre le même type de processus qu’a entrepris le NPD avec Thomas Mulcair afin de renforcer son image de gauche crédible ayant son rôle à jouer durablement à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois (PQ), quant à lui, a obtenu les pires résultats électoraux de sa crapuleuse histoire et devra entreprendre, comme le PLQ, un processus de réorganisation sous peine de disparaître complètement. En réalité, peu importe les partis qui seront renforcés ou affaiblis par le passage des prochaines années, ce qui importe pour le capitalisme, c’est que la démocratie bourgeoise et son système parlementaire s’en sortent intacts.
Un tel travail déployé par la bourgeoisie pour préserver le plus possible sa fausse démocratie est non-négligeable, car cela fait très longtemps que le capital n’a pas obtenu des taux très élevés de participation aux élections, comme c’était le cas dans le passé au Québec, avec des taux avoisinant les 80%, voire parfois même les 90-100%. Lorsqu’on analyse le taux d’abstention à la dernière farce électorale (seulement 66,45% des citoyens et citoyennes de la province inscrits sur les listes électorales y ont pris part), on réalise que même si la CAQ a été élue gouvernement majoritaire avec 37,4% des voix, en réalité, elle a obtenu l’aval de moins de 25% des gens en droit de voter –
sans compter qu’une partie de la population québécoise est privée de
l’opportunité de se prononcer (p. ex. : les résidents permanents). Bref, il y a certainement plus de prolétaires qui ont refusé la mascarade de la démocratie bourgeoise que de gens qui ont voté pour le présent gouvernement, élu par la minorité. Il n’en reste pas moins que le système parlementaire au Canada conserve plus facilement son masque de crédibilité que celui d’autres pays comme les États-Unis où le président actuel a remporté les élections tout en ayant enregistré un nombre de votes total plus bas que son adversaire.
La question de la réforme du mode de scrutin a d’ailleurs encore été
amplement abordée lors de la récente campagne. Il n’y a pas de doute que
la proportionnelle est la roue de secours du système parlementaire, advenant une crise politique et économique prolongée.
Les
résultats des élections sont à prendre en considération pour s’orienter
dans la lutte des classes. Les révolutionnaires doivent continuer de
révéler et de dénoncer les ennemis du peuple cachés derrière le manège
électoral. Rappelons aux masses travailleuses qu’en dépit des platitudes
bourgeoises sur la prétendue page tournée dans l’histoire du Québec et
que malgré la reconfiguration des partis politiques de la bourgeoisie,
c’est encore le même capitalisme et le même parlementarisme
réactionnaire qui sont en place, drapés dans un manteau de fausse
démocratie!
Organisons la révolution prolétarienne!
À bas la démocratie bourgeoise et le système parlementaire!
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