une interview de la Fédération Syndicale Étudiante de Sorbonne Université
N° 979 28/05/2026
La question des frais d'inscription en forte hausse à propos des
étudiants étrangers, hors Union Européenne, vient d'être confirmée par
un décret du 20 mai. Cette mesure soulève la colère des étudiants et
suscite de nombreuses réactions dans l'enseignement supérieur et la
recherche. La Fédération Syndicale Étudiante, avec d'autres
organisations syndicales d'étudiants et de personnels rejette cette
mesure et participe aux initiatives et manifestations pour la combattre.
Nous avons à ce sujet posé quelques questions à la FSE de Sorbonne
Université.
Question 1.
La
question des frais d'inscription en forte hausse pour les étudiants
étrangers, hors Union Européenne, vient d'être confirmée par un décret
du 20 mai. Quelle est la position de la FSE à ce sujet?
Notre
syndicat a, et tiendra toujours une position claire sur toutes mesures,
décrets et lois racistes mises en place par la réaction. La
discrimination des étudiants selon leurs provenances, la mise en place
de frais différenciés, sont des pas conséquents dans le processus de
libéralisation de l’enseignement supérieur et de la recherche qu’assume
ouvertement le gouvernement en totale complicité avec certaines
présidences universitaires. Cette mesure s’inscrit dans un calendrier
bien défini, nul n’est dupe quant à la finalité de cette énième attaque
raciste, la défense des droits étudiants est notre priorité. Nous
l’affirmons et maintenons, la seule et unique position à tenir est
l’abrogation du décret. La réponse que nous soutenons doit être unitaire
et non celle d’un compromis, ni d’un “recul” comme beaucoup le
demandent. La Fédération Syndicale Étudiante dans la lignée de ses
mobilisations ne joue pas la carte de la compromission, défendre
l’abrogation n’est pas utopique mais bien une chance d’affirmer notre
soutien aux étudiants étrangers. Pour l'abrogation du décret du
20 mai sur les droits d'inscriptions universitaires : une interview de
la Fédération Syndicale Étudiante de Sorbonne Université
La
question des frais d'inscription en forte hausse pour les étudiants
étrangers, hors Union Européenne, vient d'être confirmée par un décret
du 20 mai. Cette mesure soulève la colère des étudiants et suscite de
nombreuses réactions dans l'enseignement supérieur et la recherche. La
Fédération Syndicale Étudiante, avec d'autres organisations syndicales
d'étudiants et de personnels rejette cette mesure et participe aux
initiatives et manifestations pour la combattre. Nous avons à ce sujet
posé quelques questions à la FSE de Sorbonne Université.
Question 2.
Une
première initiative nationale de protestation a eu lieu la semaine
dernière. La FSE y était présente : comment voyez-vous la suite du
mouvement?
Les
mobilisations à l’échelle nationale sont l’une de nos meilleures armes
face à la bourgeoisie. Les mouvements lancés dans les différents cadres
inter-facs appellent à l’unité, la ligne défendue doit, à l’image de
l’appel suivre un objectif précis et défini. Seule la lutte et l’unité
autour d’une réponse claire amènera à la défaite inéluctable de la
classe dirigeante. Les opportunistes, corporatistes et autres
organisations aux réponses flous doivent s’unir sur le mot d’ordre
suivant: l’université ouverte à tous. Défendre et mobiliser à
l’intérieur et à l'extérieur de nos facultés nous mènera à la victoire.
Les
journées de mobilisations nationales appelées localement sont soutenus
par la FSE, syndicat pro et étudiants portent en eux cette lutte
commune.
Nous
ne pouvons adopter une position attentiste, croire à un soulèvement
spontanés des étudiants et personnels, année après année subissant les
coups orchestrés toujours plus forts des gouvernements et présidents,
est une posture néfaste au mouvement. Le pessimisme gagne de plus en
plus de terrain, ne saccageons pas nos forces derrière une vision
n'amènent que dégoût et méfiance, organisons-nous, luttons unitairement
sur nos campus jusqu’à la fermeture administrative, mobilisons les
étudiants entassés dans les Cités Universitaires.
Question 3.
Cette
mesure semblant "isolée" n'est-elle pas un élément d'une transformation
profonde de l'enseignement supérieur vers un système
ultra-concurrentiel et ultra-sélectif ?
Cette
mesure n’a rien d’isolé, elle s’inscrit dans une transformation
profonde et réactionnaire de l’enseignement supérieur et de la
recherche. Depuis plusieurs décennies, les gouvernements successifs
organisent méthodiquement la libéralisation de l’enseignement supérieur
et de la recherche afin d’en faire un système ultra-concurrentiel,
sélectif et privé.
Du
processus de Bologne à la réforme LMD, de la LRU à Parcoursup, jusqu’à
“Bienvenue en France” et la LPR, chaque réforme a participé à la
destruction progressive d’un enseignement supérieur accessible à tous.
L’autonomie financière des universités, la mise en concurrence des
établissements, la précarisation des étudiants et des personnels sont
les différentes étapes d’un projet politique réactionnaire.
L’augmentation
des frais d’inscription pour les étudiants étrangers n’est donc pas une
mesure isolée mais bien un nouveau pas vers la privatisation de
l’université. Derrière le discours de “l’attractivité internationale”,
le gouvernement assume une logique élitiste visant à sélectionner les
étudiants selon leurs moyens financiers et leur origine sociale. Cette
offensive ouvre également la voie à une hausse généralisée des frais
d’inscription concernant l’ensemble des étudiants.
Nous
refusons la libéralisation de l’ESR. L’enseignement doit rester un
droit accessible à tous et non devenir un privilège réservé à une
minorité capable de payer. Face à cette offensive réactionnaire, seule
une mobilisation large et unitaire permettra d’imposer un véritable
rapport de force pour faire annuler cette mesure.
Question 4.
La FSE est une jeune organisation étudiante, en quoi se distingue-t-elle des autres ?
Nous
avons un ancrage sur le terrain. Nous concevons le syndicalisme comme
une pratique quotidienne de lutte, au contact direct des étudiants.
Présents tout au long de l’année, nous discutons avec les étudiants
lorsqu’on organise des tables, des villages, du tractage ou encore des
projections. Cette présence constante permet un travail d’accompagnement
concret des étudiants dans leurs démarches, qu’il s’agisse de
l’assistance sociale, des commissions disciplinaires ou des relations
avec l’administration. Il s’agit également de mobiliser ces étudiants
sur des questions telle que Bienvenue en France 2.
De
plus, nous sommes un syndicat de lutte. Nous construisons un rapport de
force par notre combativité et notre mobilisation. Nous refusons tout
compris avec les institutions bourgeoises et ainsi nous obtenons des
victoires concrètes que ce soit l’envahissement des 70 ans du CROUS,
l’annulation de la venue safran et Thales au forum des métiers à
Sorbonne Université ou encore l’obtention de bourses, logements ou aides
sociales pour les étudiants. Mais aussi la participation à des
campagnes nationales comme la campagne de libération de George Ibrahim
Abdallah.
par communistes
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